dimanche 28 février 2010

Les Limousinans...


Les maçons creusois sont régulièrement cités par Zola quand il décrit les grands travaux organisés par Haussmann. Je croyais naïvement (comme d'habitude!) que les émigrations pour Paris dataient de cette époque...

Mais non! Je lis en ce moment un roman historique et les "Limousinans" y sont décrit dès le règne de Louis XV... Donc je prend mon ordi et je fais quelques recherches... Voici ce que j'ai trouvé:

"Les migrants creusois étaient essentiellement des maçons mais aussi des charpentiers, des tailleurs de pierre ou des scieurs de long.
Habitant un pays qui fournit le mortier (le tuf ) et la pierre (le granite), le Marchois avait toutes les aptitudes à devenir maçon. Par ailleurs, les habitants, très pauvres et endettés, vivaient de minuscules propriétés difficiles à cultiver et peu rentables. On comprend alors pourquoi les Marchois ont répondu à l'appel de Richelieu pour construire la digue de La Rochelle puis qu'ils soient partis travailler dans toute la France, particulièrement à Paris, Lyon et Saint Etienne.

Les départs s'étageaient entre le 1er mars et le 15 avril. Les hommes d'un même village se réunissaient pour voyager ensemble, pour affronter le long voyage à pied. Il fallait encore en 1830, 4 jours pour atteindre Orléans, à raison de 40 kms par jour. Dans certaines localités, presque tous les hommes valides quittaient leur demeure à la belle saison. Aussi, il n'était pas rare de rencontrer des familles où, pendant l'été, il ne restait que des vieillards, des femmes et des jeunes enfants. C'était à ces personnes qu'étaient confiés les pénibles travaux des champs. Les femmes labouraient, fauchaient les prés, semaient les grains, pendant que les enfants s'occupaient de la garde du bétail.

Les migrants revenaient entre la mi-novembre et la mi-décembre parfois tous les 2 ans voire tous les 4 à 5 ans : c'était en fonction de leurs économies ou de la chance à trouver un chantier même l'hiver. Toute la maisonnée attendait avec impatience le retour du maçon et de ses économies, car celles-ci servaient à faire vivre la famille, à rembourser les dettes et acheter de nouvelles parcelles de terrain pour agrandir la propriété familiale.
Le nombre des migrants fut considérable, les statistiques les plus récentes annoncent un chiffre de 45 000 pour le département de la Creuse."

Lien pour la source de l'article: ICI


Ou encore:


"L'émigration annuelle des maçons creusois

Rares sont les maçons qui firent des fortunes spectaculaires. Seuls ceux devenus "entrepreneurs" parviennent parfois a la réussite comme notre Jean JAMETON ou la belle-famille d'Elsa TRIOLET originaire de Bessines-sur-Gartempe.

C'est au moyen-âge que la France se couvre de cathédrales. Une foule d'artisans, charpentiers, menuisiers, forgerons, maçons et tailleurs de pierre s'organisent alors en "loges maçonniques" où les maîtres et les compagnons enseigneront leur savoir-faire et leurs connaissances. Dans un livre, sur la migration de nos ancêtres, Jean Louis Beaucarnot signale le premier maçon Marchois connu : Etienne Bonnuel de La Souterraine, parti en Suède construire la cathédrale d'Upsal vers 1287.Très rapidement en effet les Limousins et les Marchois s'imposent dans les métiers de paveur, plâtrier, couvreur parfois architecte. Au fil des ans nous les trouverons sur les chantiers, de la cathédrale de Chartres Bourges, La Rochelle pour la construction des digues, à Versailles, enfin a Paris au siècle dernier, lors des travaux lances par le baron Haussman.

La pauvreté des sols, la rigueur du climat imposent très tôt a nos creusois laboureurs, l'abandon des terres à la belle saison afin de se procurer un revenu complémentaire, qu'ils rapportent en hiver et qui sera employé au paiement des dettes, à l'achat des semences, parfois à des acquisitions de terres. Ils deviennent maçons mais aussi tuiliers, scieurs de long, peigneurs de chanvre et de laine. Ils se répandent dans toute la France et cheminent à travers bois jusqu'à Guéret puis Genouillat, Nohant, Vierzon, Olivet. Pendant ce temps ce sont les femmes, les enfants et les vieillards qui s'occupent de la ferme. Ils assurent tous les travaux des champs : labourage, fenaison, moisson et soignent le bétail."

Lien pour l'article: LA
Je vous en dirai plus quand j'aurai fini mon livre...

2 commentaires:

Coline a dit…

on dit pas plutôt Limousinant ?

Karyne a dit…

Bin oui, t'as raison!!! je corrige de suite!!

The Blues in Clermont-Ferrand